
Le Manifeste
Je ne cherche pas à produire des œuvres. Je cherche à créer des conditions. Des conditions dans lesquelles une expérience advient.
Mes chansons naissent de l’ambivalence de la vie. Elles peuvent donc à la fois être graves et drôles, esthétiques et crues, accessibles et exigentes…
Mes écris littéraires sont des « romans souffrant de poésie ». Ce sont des formes instables où la pensée ne se sépare pas de l’expérience, où la lucidité côtoie l’absurde, où la recherche de la vérité traverse les zones d’ombre les plus sombres.
En art plastique je donne vie à de l"architecture vivante". Ce geste artistique vise à faire coexister la géométrie et l’organique, telle une machine sensible où le "construit" dialogue avec le vivant, où l’humain n’est plus au-dessus, mais à l’intérieur.
Sur scène, tout se rejoint dans la présence. La musique, les textes, l’espace. Il ne s’agit pas de représenter, mais de laisser advenir. Chaque concert, chaque lecture, est un espace traversé où quelque chose est invité à circuler entre les êtres.
Je travaille à la frontière. Entre les formes, entre les états, entre les mondes. Musique, écriture, architecture, présence: ce ne sont pas des disciplines séparées mais de différentes façons d’approcher un même point. Ce point n’est pas une réponse, c’est une tension. Une ligne invisible où les opposés ne s’annulent pas, mais se tiennent ensemble :
- gravité et dérision
- fulgurance et pesanteur
- conscience et pulsion
Je ne cherche pas à résoudre les tensions entre les opposés. Je cherche à les maintenir ensembles et vivantes pour que quelque chose s’ouvre: un espace où le réel cesse d’être une abstraction et devient sensible. Pas seulement un moment où l’on comprend, mais d’abord où l’on perçoit.
L’art que je mets au monde n’est pas un message, c’est un espace. Un espace où, peut-être, pendant un instant, il devient possible d’habiter ce qui est là.


